L’accessibilité des bâtiments représente un enjeu majeur pour plus de 12 millions de personnes en situation de handicap en France. Parmi les solutions techniques disponibles, les plateformes élévatrices et les monte-escaliers constituent les deux principales alternatives pour franchir les dénivelés. Ces équipements, régis par des normes strictes et bénéficiant d’aides publiques substantielles, nécessitent une analyse approfondie pour déterminer la solution la plus adaptée à chaque configuration.

Le choix entre ces technologies dépend de multiples facteurs techniques, financiers et réglementaires. La nature du handicap, l’architecture du bâtiment, les contraintes d’installation et les objectifs d’utilisation orientent naturellement vers l’une ou l’autre solution. Une évaluation précise de ces paramètres permet d’optimiser l’investissement et de garantir une accessibilité pérenne.

Analyse comparative des solutions d’accessibilité verticale pour PMR

Les plateformes élévatrices et monte-escaliers répondent à des besoins d’accessibilité distincts, avec des technologies et des domaines d’application spécifiques. Cette analyse comparative examine les spécifications techniques, les contraintes d’installation et les performances de chaque solution selon différents critères objectifs.

Spécifications techniques des plateformes élévatrices verticales savaria et ThyssenKrupp

Les plateformes élévatrices verticales de marques reconnues comme Savaria et ThyssenKrupp présentent des caractéristiques techniques avancées. Le modèle Savaria V-1504 offre une capacité de charge de 340 kg avec une course maximale de 3,66 mètres, tandis que la plateforme ThyssenKrupp LEV supporte jusqu’à 400 kg sur une hauteur de 4 mètres. Ces équipements intègrent des systèmes de guidage par rails en acier galvanisé et des mécanismes de levage hydrauliques ou électromécaniques selon les configurations.

La vitesse nominale de déplacement atteint 0,15 m/s conformément à la norme EN 81-41, garantissant un fonctionnement sécurisé et confortable. Les dimensions de plateforme standard varient entre 1000×1250 mm et 1500×1500 mm, permettant l’accueil d’un fauteuil roulant avec accompagnateur. L’alimentation électrique s’effectue en 230V monophasé avec une puissance moteur comprise entre 1,5 et 3 kW selon les modèles.

Caractéristiques mécaniques des monte-escaliers courbes handicare et stannah

Les monte-escaliers courbes représentent l’aboutissement technologique dans ce domaine, avec des systèmes de rails sur mesure épousant parfaitement la géométrie des escaliers. Le Handicare 2000 utilise une crémaillère en acier inoxydable avec motorisation à courant continu de 24V, offrant une capacité de 160 kg et une vitesse de 0,15 m/s. Le système Stannah 420 intègre quant à lui une double crémaillère pour une stabilité optimale et supporte jusqu’à 140 kg.

Ces équipements présentent des rayons de courbure minimums de 60 cm et s’adaptent aux escaliers présentant des angles jusqu’à 70°. Le système de pliage automatique du siège et des marchepieds libère un passage de 80% de la largeur originelle de l’escalier. La technologie de freinage régénératif permet une récupération d’énergie lors des descentes, optimisant

ainsi la consommation énergétique et prolongeant la durée de vie des batteries. Les fauteuils sont généralement équipés de moteurs à engrenages irréversibles qui maintiennent la position en cas d’arrêt, sans risque de glissement. Enfin, les sièges pivotants, accoudoirs relevables et détecteurs d’obstacles intégrés permettent une utilisation sécurisée même dans des cages d’escalier étroites ou anciennes.

Normes européennes EN 81-41 et réglementation PMR française applicable

Les plateformes élévatrices verticales destinées aux personnes à mobilité réduite sont encadrées principalement par la norme européenne EN 81-41. Cette norme définit les exigences de sécurité pour les plateformes élévatrices à déplacement vertical pour personnes handicapées, en dessous de 0,15 m/s. Elle précise les dispositifs de verrouillage des portes, les systèmes de commande (pression maintenue ou automatique), la protection contre les chutes et les exigences de résistance mécanique. Les équipements conformes portent généralement le marquage CE et un certificat de conformité délivré par le fabricant.

En France, cette norme s’articule avec l’arrêté du 20 avril 2017 relatif à l’accessibilité des établissements recevant du public (ERP) et des installations ouvertes au public. Cet arrêté distingue clairement les cas où une plateforme élévatrice PMR est autorisée (jusqu’à 1,20 m ou 3,20 m selon les configurations) et ceux où un ascenseur devient obligatoire. Pour les logements individuels, la réglementation est plus souple, mais les mêmes principes de sécurité s’appliquent : protection des usagers, signalisation claire, dispositifs d’arrêt d’urgence et accès sans ressaut pour les fauteuils roulants.

Les monte-escaliers, eux, ne relèvent pas de la norme EN 81-41 mais de la directive Machines 2006/42/CE et de normes spécifiques aux appareils de levage domestiques. Ils doivent intégrer des ceintures de sécurité, des détecteurs d’obstacles sur le châssis et le marchepied, ainsi qu’un contrôle de vitesse. En pratique, cela signifie que, que vous choisissiez une plateforme élévatrice ou un monte-escalier, vous bénéficiez d’un cadre réglementaire très encadré visant à réduire au minimum le risque d’accident.

Capacités de charge et dimensions d’encombrement selon les modèles

La capacité de charge constitue un critère déterminant dans le choix d’une solution PMR. Les plateformes élévatrices verticales Savaria ou ThyssenKrupp offrent généralement une charge utile comprise entre 250 et 400 kg. Cette marge permet d’accueillir un fauteuil roulant électrique lourd, souvent supérieur à 150 kg, ainsi qu’un accompagnant. À l’inverse, un monte-escalier courbe Handicare ou Stannah est conçu pour une personne assise, avec une capacité standard de 125 à 160 kg, ce qui ne permet ni le transport simultané d’un accompagnant ni celui d’un fauteuil.

L’encombrement au sol varie également fortement. Une plateforme élévatrice nécessite une surface libre allant typiquement de 1,0 x 1,25 m à 1,5 x 1,5 m, plus les zones de dégagement en entrée et sortie. La structure (gaine ou pylône autoportant) impose souvent une réservation de 1,5 à 2 m de hauteur libre au-dessus de chaque palier. À l’inverse, un monte-escalier n’occupe que la largeur de son rail (environ 15 à 20 cm) et du siège replié (30 à 40 cm), laissant l’escalier largement praticable pour les autres usagers. Cette différence d’emprise au sol conditionne fortement le choix dans les logements existants aux volumes contraints.

En termes de dimensions utiles, les plateformes respectent les gabarits minimum recommandés pour les fauteuils roulants (plateforme de 900 x 1400 mm en ERP, par exemple). Les monte-escaliers, eux, se concentrent sur l’ergonomie d’assise : largeur de siège de 40 à 50 cm, hauteur réglable, repose-pieds antidérapant. Vous devez donc vous demander : avez-vous besoin de transporter un fauteuil et éventuellement un aidant, ou une assise individuelle suffit-elle pour franchir l’obstacle en sécurité ?

Critères de sélection technique selon la configuration architecturale

Évaluation de la faisabilité structurelle pour installation de plateforme verticale

L’installation d’une plateforme élévatrice verticale suppose une analyse structurelle préalable du bâtiment. Le professionnel vérifie la capacité portante du plancher (généralement entre 300 et 500 kg/m² pour supporter l’appareil et la charge utile), la possibilité de créer une trémie (ouverture dans le plancher) ou de poser un pylône autoportant, et la hauteur disponible entre les niveaux. Dans les bâtiments anciens en pierre ou en pans de bois, cette étude est d’autant plus cruciale que toute ouverture structurelle peut nécessiter un renforcement ou un avis d’ingénieur.

La présence de réseaux (gainage électrique, conduites, ventilation) dans les zones pressenties est également passée au crible. Une plateforme verticale Savaria ou ThyssenKrupp demandera un espace libre et rectiligne sur toute la course, parfois en façade extérieure si l’intérieur ne le permet pas. Dans certains cas, l’élévateur sera implanté dans une ancienne cage d’escalier supprimée ou au droit d’une façade avec création de baies palières. À l’inverse, si le bâtiment ne permet pas de telles modifications (copropriété, immeuble classé), la solution plateforme peut s’avérer techniquement ou administrativement impossible.

Vous l’aurez compris, choisir une plateforme verticale ne se résume pas à comparer des fiches techniques. C’est un véritable projet de transformation du bâtiment, comparable à la création d’un mini-ascenseur. C’est pourquoi un relevé précis (prises de cotes, sondages éventuels) et parfois une étude de faisabilité architecturale sont indispensables avant toute décision d’investissement.

Mesures d’escaliers droits versus courbes pour monte-escalier sur rail

À l’opposé, le monte-escalier s’intègre dans l’existant en exploitant la géométrie de l’escalier. Pour un escalier droit, les installateurs exigent en général une largeur minimale de 70 à 75 cm en logement individuel (et davantage en ERP pour respecter les largeurs de passage réglementaires). Un escalier courbe, en colimaçon ou à paliers intermédiaires, nécessite un rail sur mesure Handicare ou Stannah, conçu à partir de mesures millimétrées et souvent modélisé en 3D.

Les paramètres clés relevés sur site sont la largeur de l’escalier, la hauteur des marches, la profondeur des girons, le rayon intérieur des courbes et la position des gardes-corps. Un rail intérieur (côté jour) permet souvent des rayons plus serrés mais empiète davantage sur le passage. Un rail extérieur (côté mur) offre un trajet plus fluide mais exige un mur suffisamment résistant pour les fixations ou des poteaux autoportants. La possibilité de positionner les stations de parking du fauteuil (en haut et en bas) hors de la zone de circulation influence également la configuration retenue.

Dans certains cas, la combinaison d’un escalier très étroit (moins de 65 cm utiles) et d’un passage intensif peut rendre le monte-escalier non viable, même si techniquement fixable. C’est ici que l’expertise de l’installateur est essentielle : il doit arbitrer entre conformité réglementaire, confort des autres usagers et sécurité de la personne à mobilité réduite.

Contraintes de dégagement et d’espace libre selon l’accessibilité ERP

Dans un établissement recevant du public, les contraintes d’espace libre et de dégagement sont plus strictes que dans un logement privé. L’arrêté du 20 avril 2017 impose des largeurs minimales de cheminement de 1,20 m (réductibles ponctuellement à 0,90 m) et un gabarit de passage d’au moins 1,40 m x 1,70 m devant les dispositifs de franchissement. Une plateforme élévatrice verticale en ERP doit donc être implantée de manière à ne pas réduire ces largeurs réglementaires ni créer de ressaut excessif.

Les monte-escaliers sont en principe proscrits comme unique moyen d’accessibilité dans les ERP, car ils ne permettent pas le passage autonome d’une personne en fauteuil roulant. Même lorsqu’ils sont installés à titre complémentaire (par exemple pour du personnel en perte de mobilité), ils ne doivent pas empiéter durablement sur les dégagements réglementaires. Une plateforme oblique (plateforme monte-escalier) ou un élévateur vertical reste souvent privilégié, car la plateforme se replie en position de repos et libère le passage.

Pour les bâtiments résidentiels collectifs, les règles se situent à mi-chemin : les circulations communes doivent rester praticables, les portes palières de plateformes PMR doivent disposer d’un espace de manœuvre pour un fauteuil (généralement 1,50 m de diamètre pour un demi-tour). Avant d’opter pour une solution ou l’autre, il est donc crucial de vérifier comment l’appareil impactera les flux de circulation quotidiens dans l’immeuble.

Compatibilité avec les systèmes de fermeture automatique et sécurité incendie

L’accessibilité verticale PMR doit aussi s’intégrer harmonieusement avec les dispositifs de sécurité incendie. Les plateformes élévatrices installées dans les cages d’escalier d’ERP ou d’immeubles doivent respecter les compartimentages coupe-feu existants. Concrètement, cela signifie que toute ouverture créée pour une gaine d’élévateur ou une plateforme doit être équipée de portes ou trappes à résistance au feu adaptée, et que les systèmes d’amenée d’air ou d’extraction de fumée ne doivent pas être perturbés.

Les monte-escaliers et plateformes obliques doivent quant à eux ne pas entraver la fermeture des portes coupe-feu automatiques ni gêner le fonctionnement des ferme-portes. Dans certains projets, l’ajout de contacteurs électriques asservissant l’appareil aux systèmes incendie (mise à l’arrêt automatique en cas de déclenchement, repli vers un niveau sécurisé) est requis. De même, les commandes d’arrêt d’urgence doivent rester accessibles même en situation de panique.

On peut comparer cet ensemble de contraintes à un puzzle où chaque pièce – accessibilité, sécurité incendie, circulation quotidienne – doit s’emboîter sans empiéter sur les autres. C’est pourquoi nous recommandons systématiquement une concertation entre l’installateur, le bureau de contrôle et, en ERP, le coordinateur sécurité pour valider la compatibilité de la solution PMR avec l’ensemble des systèmes existants.

Technologies de motorisation et systèmes de sécurité intégrés

Motorisation électrique à vis sans fin versus système hydraulique basse pression

Les plateformes élévatrices verticales modernes utilisent principalement deux technologies de motorisation : la vis sans fin électromécanique et le vérin hydraulique basse pression. Les systèmes à vis sans fin, fréquents chez certains modèles Savaria ou Cibes, fonctionnent comme un grand cric automobile : un écrou parcourt une vis entraînée par un moteur électrique. Avantage majeur, ils ne nécessitent pas de centrale hydraulique ni de local technique dédié, et l’absence d’huile limite les risques de fuites et simplifie la maintenance.

Les systèmes hydrauliques basse pression, privilégiés par plusieurs gammes ThyssenKrupp ou Aritco, utilisent un vérin actionné par une pompe. Ils offrent un mouvement particulièrement souple et silencieux, avec une excellente capacité de charge. L’effort mécanique principal est supporté par le fluide, ce qui réduit l’usure des pièces. En contrepartie, ils exigent un contrôle régulier de l’huile et la présence d’un groupe hydraulique, intégré dans la gaine ou dans un placard technique.

Les monte-escaliers Handicare et Stannah reposent pour leur part sur des motorisations électriques à courant continu (24 V), alimentées par batteries. Ces moteurs à engrenages sont conçus pour délivrer un couple élevé à faible vitesse, garantissant une montée régulière même sur des escaliers très pentus. En résumé, si l’on devait faire une analogie, la plateforme hydraulique ressemble à une berline confortable et puissante, tandis que le monte-escalier s’apparente à un scooter électrique agile, parfaitement adapté aux trajets courts et répétitifs.

Dispositifs de sécurité parachute et limiteurs de vitesse normalisés

Que se passe-t-il en cas de rupture mécanique ou de survitesse ? Les normes imposent des dispositifs de sécurité de type « parachute » pour empêcher toute chute libre de la plateforme. Sur les élévateurs verticaux, ce rôle est assuré par des systèmes de rattrapage mécaniques ou hydrauliques qui se déclenchent dès qu’une variation anormale de vitesse est détectée. Un limiteur de vitesse mécanique ou électronique contrôle la vitesse nominale (0,15 m/s) et coupe la puissance en cas de dépassement.

Les monte-escaliers intègrent quant à eux des freins électromagnétiques agissant directement sur la transmission. En cas de coupure d’alimentation ou de défaut, le frein se serre automatiquement, bloquant le fauteuil sur le rail. Des capteurs de position assurent par ailleurs l’arrêt précis au niveau des paliers, afin d’éviter tout risque de déséquilibre à l’embarquement comme au débarquement. Ces systèmes sont testés lors de la mise en service et lors des visites de maintenance périodiques.

À ces dispositifs s’ajoutent des bords sensibles (listels de sécurité) situés sous la plateforme ou le marchepied, qui stoppent l’appareil en cas de contact avec un obstacle (pied, objet oublié sur les marches…). Il en résulte un véritable « filet de sécurité » multi-niveaux, pensé pour rattraper l’appareil en cas de dysfonctionnement majeur comme pour prévenir les incidents du quotidien.

Systèmes de batterie de secours et fonctionnement en cas de panne électrique

La continuité de service en cas de coupure de courant est un enjeu central, en particulier pour les personnes dépendantes vivant seules. Les monte-escaliers sont presque systématiquement équipés de batteries rechargeables, généralement capables d’assurer 10 à 20 cycles de montée/descente sans alimentation secteur. Ainsi, même lors d’une panne, vous pouvez rejoindre un niveau sécurisé. Les chargeurs intelligents maintiennent les batteries en bon état sans surcharge, ce qui prolonge leur durée de vie (souvent 3 à 5 ans).

Les plateformes élévatrices verticales, selon les modèles Savaria, ThyssenKrupp, Cibes Air ou Aritco, peuvent intégrer différentes solutions de secours : descente gravitaire par vanne manuelle pour les systèmes hydrauliques, motorisation de secours à batteries pour effectuer un dernier trajet jusqu’au palier le plus proche, ou encore alimentation secourue par onduleur dans les sites sensibles. En ERP, la possibilité pour le personnel de manœuvrer l’appareil en mode dégradé (clé de secours, commande de descente de secours) est généralement exigée.

En pratique, il est important de discuter avec l’installateur du scénario de panne : que se passe-t-il si le courant est coupé alors que la personne est en cabine ? Qui peut intervenir et en combien de temps ? Les réponses à ces questions orienteront le choix des options de secours (batteries, onduleur, téléalarme embarquée) et conditionneront la sérénité de l’utilisateur au quotidien.

Installation professionnelle et maintenance préventive obligatoire

L’installation d’une plateforme élévatrice ou d’un monte-escalier ne s’improvise pas. En France, ces équipements relèvent de la directive Machines et doivent être mis en service par un installateur qualifié, disposant d’une assurance décennale et des habilitations électriques nécessaires. La pose comprend la fixation des rails ou du pylône, le raccordement électrique, les tests de charge et la vérification de tous les dispositifs de sécurité. À l’issue, un procès-verbal de mise en service et un dossier technique (notices, plans, certificats de conformité) doivent vous être remis.

Une fois l’appareil installé, la maintenance préventive devient la clé de sa longévité. Pour les plateformes verticales en ERP, une visite au minimum annuelle – parfois semestrielle selon l’usage – est imposée. Elle comprend le contrôle des parachutes, des limiteurs de vitesse, des serrages mécaniques, des serrures de portes et des circuits électriques. Pour un monte-escalier en maison individuelle, un entretien annuel est fortement recommandé, même s’il n’est pas toujours légalement obligatoire.

Les contrats de maintenance prévoient généralement un forfait incluant une visite de contrôle, la main-d’œuvre pour les réglages courants et un délai d’intervention garanti en cas de panne (24 à 72 heures). Les pièces d’usure (batteries, galets, charnières) sont facturées en sus. À titre indicatif, un contrat pour monte-escalier se situe souvent entre 150 et 250 € par an, et entre 250 et 400 € pour une plateforme élévatrice selon la complexité de l’appareil. Investir dans une maintenance rigoureuse, c’est comme effectuer les révisions de votre voiture : vous évitez les pannes lourdes et prolongez l’investissement sur 15 à 25 ans.

Analyse financière et dispositifs d’aide publique PMR

Coûts d’acquisition des plateformes cibes air et aritco comparés aux monte-escaliers acorn

Sur le plan financier, les écarts entre une plateforme élévatrice et un monte-escalier restent significatifs. Les plateformes verticales Cibes Air ou Aritco, qui se positionnent sur le segment des mini-ascenseurs résidentiels design, affichent des budgets compris entre 15 000 et 30 000 € installation incluse pour une configuration standard desservant deux niveaux. Ce coût englobe la structure autoportante, la cabine, la motorisation, les finitions personnalisées et les travaux de préparation (création de trémie, alimentation électrique dédiée).

À l’inverse, un monte-escalier Acorn pour escalier droit démarre généralement autour de 3 000 à 5 000 € pose comprise, et entre 7 000 et 12 000 € pour un modèle courbe sur mesure. Sur un plan strictement budgétaire, l’écart est donc de un à trois, voire un à quatre. Cependant, la comparaison doit tenir compte de l’usage : une plateforme ou un mini-ascenseur Cibes Air ou Aritco permet le transport d’un fauteuil roulant, de charges diverses et de plusieurs utilisateurs, tout en valorisant l’habitation. Le monte-escalier Acorn répond avant tout à un besoin ponctuel de franchissement d’escalier pour une personne encore capable de s’asseoir et de se transférer.

Il convient aussi d’intégrer le coût global sur la durée de vie : durée d’utilisation prévue (10, 15 ou 20 ans), consommation électrique, fréquence de maintenance, et éventuels travaux lourds à anticiper. Dans une logique de long terme ou de valorisation immobilière, une plateforme élévatrice peut se justifier malgré un investissement initial supérieur. À court terme ou dans un logement temporaire, le monte-escalier reste souvent la solution la plus rationnelle.

Subventions ANAH et crédit d’impôt accessibilité 25% applicables

Pour alléger ce coût, plusieurs dispositifs d’aide publique PMR existent en France. L’Agence nationale de l’habitat (ANAH) peut financer jusqu’à 35 à 50 % du montant des travaux d’adaptation du logement (y compris plateformes élévatrices et monte-escaliers) pour les propriétaires occupants sous conditions de ressources. Ce financement est souvent complété par des aides des caisses de retraite, des mutuelles ou des collectivités locales.

Le crédit d’impôt accessibilité, fixé à 25 % du montant TTC des équipements (hors main-d’œuvre) pour certains appareils listés par l’administration, constitue un autre levier important. Il s’applique aux dépenses réalisées dans la résidence principale, dans la limite de plafonds pluriannuels. À cela s’ajoute l’application d’un taux de TVA réduit à 5,5 % sur les équipements et la pose, dès lors qu’il s’agit de travaux d’accessibilité pour personnes handicapées ou âgées.

En fonction de votre profil (âge, niveau de handicap, ressources), vous pouvez également mobiliser la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) ou, à partir de 2024-2025, Ma Prime Adapt’, destinée à favoriser le maintien à domicile des seniors. Au final, il n’est pas rare de voir un reste à charge divisé par deux, voire davantage, pour des projets bien montés. L’accompagnement par un professionnel habitué à ces dispositifs vous fera gagner un temps précieux dans le montage des dossiers.

Prestations de maintenance annuelle et contrats d’entretien réglementaires

Au-delà du coût d’acquisition, il faut intégrer les dépenses récurrentes liées à l’entretien. Pour un monte-escalier Acorn, un contrat d’entretien basique comprenant une visite annuelle de contrôle et une priorité d’intervention en cas de panne se situe, comme indiqué, aux alentours de 150 à 250 € par an. Les batteries, à remplacer tous les 3 à 5 ans, représentent une dépense ponctuelle de 300 à 600 € selon les modèles.

Pour une plateforme élévatrice Cibes Air, Aritco, Savaria ou ThyssenKrupp, le contrat de maintenance est plus coûteux en raison de la complexité accrue de l’appareil : comptez plutôt entre 250 et 450 € par an. En ERP, certaines réglementations locales imposent par ailleurs un contrôle périodique renforcé par un organisme agréé, ce qui génère un surcoût mais garantit un niveau de sécurité maximal. Il est donc pertinent de comparer non seulement le prix d’achat, mais aussi le coût total de possession (TCO) sur 10 à 15 ans.

De plus en plus de fabricants et d’installateurs proposent des formules packagées incluant extension de garantie, hotline téléphonique et intervention 7j/7. Si l’utilisateur est très dépendant de l’appareil pour accéder à sa chambre ou à sa salle de bain, souscrire à un niveau de service renforcé peut s’avérer plus rentable qu’une solution minimale avec risques de pannes prolongées.

Retours d’expérience utilisateurs et études de cas d’installation

Au-delà des chiffres et des normes, les retours d’expérience des utilisateurs constituent un excellent révélateur des forces et limites de chaque solution. Dans une maison individuelle de deux niveaux en périphérie urbaine, une famille a par exemple opté pour une plateforme élévatrice verticale Aritco desservant le séjour et la chambre principale à l’étage. L’utilisateur, en fauteuil roulant électrique, a rapidement gagné en autonomie pour accéder à la terrasse et aux espaces de nuit, sans dépendre de l’aide quotidienne de ses proches. La plateforme, intégrée dans un angle du salon, a également été pensée comme un élément de design avec parois vitrées, ce qui a facilité son acceptation esthétique.

À l’inverse, dans un pavillon des années 1970 au plancher béton, un couple de seniors a choisi un monte-escalier courbe Stannah pour sécuriser l’accès à l’étage tout en limitant les travaux. L’épouse, souffrant d’arthrose avancée, peut désormais monter et descendre plusieurs fois par jour sans douleur. Le mari, encore valide, continue à utiliser l’escalier normalement, le siège repliable libérant largement le passage. Le coût d’installation, inférieur à 9 000 €, et la rapidité de pose (une journée) ont été des arguments décisifs.

Dans un petit cabinet médical situé en rez-de-chaussée surélevé, la mise en conformité ERP a été réalisée grâce à un élévateur PMR vertical Savaria permettant de franchir 1,40 m de dénivelé entre le trottoir et l’accueil. La rampe d’accès aurait nécessité une longueur de plus de 20 m pour respecter la pente maximale réglementaire, empiétant largement sur le domaine public. L’élévateur, installé en façade, a offert une solution compacte, sécurisée et conforme aux exigences de l’arrêté de 2017, tout en améliorant l’image d’accessibilité du cabinet auprès des patients.

Ces études de cas montrent qu’il n’existe pas de solution universelle. Plateforme élévatrice ou monte-escalier ? Tout dépend de votre niveau de mobilité, de l’architecture du lieu, de l’usage quotidien et de votre horizon de temps. En combinant analyse technique, projection financière et retours d’expérience, vous disposerez de tous les éléments pour choisir la solution PMR la plus pertinente et durable pour votre situation.